En réponse à l'éditorial de François Régis Hutin paru dans le Ouest France du 9 août 2003
Monsieur
Dans votre éditorial du 09/08/2003, vous vous inquiétez de ce que “ le gouvernement actuel d’Amérique ” est en train d’étudier la mise au point de nouvelles armes atomiques miniaturisées ” et vous craignez “ que la menace terroriste ne fasse sauter des barrières morales dans la lutte nécessaire contre lui ”, en d’autres termes que l’on finisse par utiliser ce type d’armes contre les terroristes. On en devine en effet facilement l’escalade : un fanatique qui estime “ juste ” la tuerie de 100 voir mille personnes n’est plus à une décimal près.
Mais tout Etat qui possède des armes nucléaires et est donc prêt (quelle qu’en soit la raison) à faire des centaines ou milliers de victimes innocentes n’a-t-il pas déjà, lui aussi fait “ sauter ses barrières morales? ”.
Au nom de quel droit les grandes puissances parlent de non-prolifération ....chez les autres, sinon du droit du plus fort.
Le gouvernement américain préconise la miniaturisation des armes nucléaires mais le gouvernement français consacre toujours une partie de son budget militaire au perfectionnement de nos armes atomiques (entre autre le simulateur de Bordeaux).
Nous n’avons pas beaucoup d’influence sur le gouvernement américain, mais nous pouvons en avoir plus en interpellant notre propre gouvernement, en sensibilisant nos députés. Un état qui engagerait publiquement la destruction de ses propres armes nucléaires, aurait une caution morale évidente pour parler de non-prolifération et de paix.
Coté international on peut soutenir ce groupe qui depuis des années déjà tente de faire reconnaître par la communauté internationale toute possession d’une arme nucléaire comme un crime contre l’humanité.
Car comme l’écrivait déjà Albert Camus dans “ Combat ” le 8 août 1945 : “ Devant les perspectives terrifiantes qui s’ouvrent à l’humanité, nous apercevons encore mieux que la paix est le seul combat qui vaille d’être mené; ce n’est plus une prière, mais un ordre qui doit monte des peuples vers les gouvernements, l’ordre de choisir définitivement entre l’enfer et le raison ”.(1)
Je vous prie de recevoir, Monsieur, mes sincères salutations.
Jean Pierre Simon
(1) Albert Camus actuelles écrits politiques Idées/gallimard